Un noir parfait lors d’impression

Dernière mise à jour : 13 oct. 2020

Lors d’une création graphique on ignorent souvent qu’il y a noir et noir. Si vous optez pour un aplat de couleur noir, êtes-vous certain qu’après impression votre noir est vraiment noir ? C’est pourquoi il faut choisir certaines formules pour arriver à obtenir un beau noir.


Impression quadrichromie

L’impression en quadrichromie (CMJN) est la méthode privilégiée d’impression, utilisant 4 encres de base: cyan, magenta et jaune, qui sont les trois couleurs primaires de la synthèse soustractive, à laquelle s’ajoute, pour des raisons techniques, le noir. En théorie, les trois couleurs primaires, si elles sont mélangées à 100% entre elles, devraient produire du noir, mais en pratique, le résultat d'impression de ce mélange n'est pas suffisamment riche et ne permet pas d'obtenir une échelle de tons complète. Pour cette raison, une quatrième encre, noire, a été ajoutée afin d’obtenir une impression en couleurs complète.

Impression du noir Comme prévu, la somme de C, M et Y, 100%, devrait générer la couleur noire, mais en réalité ce sera une nuance brunâtre. De même, le noir constitué uniquement de N = 100% ne correspond pas à un noir riche auquel nous sommes habitués visuellement, qui est précisément "enrichi" par l'ajout d'un pourcentage des 3 autres couleurs. Noir standard dit aussi pauvre

Le noir standard (image 2) est composé de C0, M0, Y0, N100. Ce type de noir doit toujours être utilisé pour les textes, les filets et les petits éléments, en définissant de préférence l'attribut de surimpression. La surimpression est nécessaire pour éviter que des filets blancs n'apparaissent sur les bords des différents éléments en cas de mauvais alignement du papier lors de l’impression. Pour ces éléments, il est non plus pas recommandé d’utiliser du noir riche, car en cas de défaut de repérage, ce dernier pourrait entraîner un effet de doublage visuel gênant en raison du désalignement des différentes couleurs.

Un noir standard pour des aplats pleins ou des éléments graphiques volumineux n’est pas appropriée, sauf si vous souhaitez reproduire volontairement un noir pauvre. Cet effet est dû quand le support, pendant la phase d'impression, absorbe une partie de la couleur appliquée qui, pour cette raison, apparaît estompée et pas suffisamment chargée. Évidemment, le résultat final dépend beaucoup du type de papier utilisé, mais dans la plupart des cas, vous obtenez un gris très foncé et pas toujours uniforme. Pour ces éléments, il convient donc d'utiliser un noir "enrichi". Noir riche Un noir complet et profond est obtenu en combinant les 4 couleurs CMJN selon différents pourcentages. Selon la couleur choisie, il est possible d'obtenir des noirs chauds, froids ou neutres. Il n'y a donc pas de combinaison unique d'encres. Les différents pourcentages de couleur à utiliser varient en fonction de l'effet final souhaité.

Le noir riche (image3) le plus commun et le plus utilisé est composé de: C63, M52, Y51, N100. Cette couleur doit sa popularité au logiciel Photoshop, raison pour laquelle elle est aussi connue sous le nom de Noir de Photoshop. En fait, ces pourcentages sont obtenus lorsque les zones noires d'une image RVB (R0, G0, B0) sont automatiquement converties en couleur (CMJN) à l'aide des paramètres d'usine de Photoshop.

Un noir froid est généralement obtenu en fixant C60, M0, Y0, K100. Une variante plus chaude peut être créée avec les pourcentages suivants : C0, M60, Y30, K100. Le noir neutre, par contre, a des pourcentages variables qui sont généralement choisis en fonction de la technologie d'impression utilisée.

Personnellement j’utilise et conseille toujours d’utiliser les pourcentages de couleurs suivants pour obtenir un noir riche, profond et uniforme : C40, M30, Y30, K100. Que ce soit pour l’impression offset, numérique et aussi grand format. Le noir reste ainsi beau et riche et il n’y aura pas de surimpression, puisque le taux d’encrage restera loin de la limite, soit un taux d’encrage de 200%. Limite d'encre Ce qu’il est important de savoir aussi, quel que soit votre choix de couleur, est que les différents pourcentages qui constituent l’impression du noir, s’ils sont additionnés, ne doivent pas dépasser 300% de la couverture des encres. Une plus grande couverture donne vie à une impression saturée et trop chargée, de façon à compromettre la qualité du produit final. Aucun support d'impression ne peut contenir toute cette couleur. En fait, les différentes encres sont appliquées sur la feuille imprimée, superposées, selon une disposition spécifique de points de couleur (réglés par les trames d'impression). Les pourcentages définis pour chaque teinte déterminent la taille des différents points. L'encre appliquée doit ensuite sécher. C’est à ce stade que nous rencontrons les premiers problèmes : créer des couleurs (particulièrement sombres), dont le CMJN dépasse 300% peut entraîner différents problèmes en phase d’impression, à la fois lors de l’application des encres et lors de la phase de séchage. Le support imprimé, en fait, "imbibée" de pigments pourrait se déchirer, se salir, et poser problème en phase de façonnage.

Il est conseiller pour une impression offset, de ne pas dépasser une charge d’encre de 300% pour un papier coucher, et une charge de 280% pour les autres papiers.

La seule exception est le noir de repérage qui est toujours composé de C100, M100, Y100, K100 et donc de 400% de la couverture en encres. Cette couleur est utilisée uniquement pour les marques de repérage telles que les traits de coupe et les hirondelles, et ne doit jamais être utilisée pour d'autres éléments graphiques.

Affichage vidéo vs impression

Souvent le noir paraît délavé à la sortie de la presse. Pourtant, sur l’écran, tout était parfait ! Un problème souvent sous-estimé est que tous ces noirs